20 décembre 2004

U-Bi-Soft, It's in the game !

D'habitude, je n'aime pas trop réagir trop vite sur l'actualité : My House n'est pas un site de news, mais un site de réflexions. Mais là, je me devais d'écrire quelquechose rapidement. Enfin, tout est relatif, puisque j'ai quand même attendu ce soir pour commencer à rédiger, histoire de vérifier certains points obscurs du dossier.

Adieu la French Touch ?

Comme le titre vous l'a peut être indiqué, je vais parler ici de la prise de participations d'EA dans Ubisoft. Le vocabulaire est très important, puisqu'il ne s'agit pas du tout d'une fusion, du moins pour l'instant, comme l'écrivent trop souvent les "commentateurs" du dimanche des sites webs de jeux vidéo. D'ailleurs, je me suis forcé à lire un peu tous ces fameux commentaires écrits par des petits gars de 12 ans, et je vais essayer de prendre un peu plus de recul qu'eux par rapport à tout ça (oui, ces petits c...s m'horripilent, je leur mettrais bien 2 claques).

Bref, premier point : qu'est-ce que cela donne à EA, ces 20% de capital dans Ubisoft? Eh bien pas grand-chose. Sans trop rentrer dans les détails financiers, il ne faut pas mélanger détention de capital et droits de vote. Chez Ubi, ils ont mis en place un système de droits de votes doubles pour les actionnaires historiques, ce qui limite le poids des nouveaux investisseurs. Ainsi, même si la famille Guillemot possède seulement 17% du capital, elle dispose en revanche de 26% des droits de vote. EA, avec ses 20% de capital, possède donc environ 18% des droits de vote, ce qui permet finalement d'avoir un poids relatif dans la société. Il ne faut donc pas céder à la panique et dire qu'EA va dicter la politique éditoriale de la firme dans un avenir proche.

En revanche, ce qui est plus inquiétant, c'est à moyen terme. Déjà, les propos d'EA sont clairs : 20%, ce n'est que le début. Sachant que 69% du capital d'Ubisoft appartient au public (toi, moi, ton copain ou le copain de ton copain), il suffit qu'EA trouve les fonds nécessaires pour faire une offre alléchante à ces actionnaires, et hop, c'en est fini de la mainmise de la famille Guillemot. Si cela devait arriver, je ne suis toutefois pas convaincu que là encore les fans d'Ubisoft s'alarment : EA ne vas pas forcer les talentueux développeurs d'Ubisoft à devenir mauvais. On pourrait même trouver des synergies sympa (un jeu de foot avec la licence FIFA par Ubisoft Montréal, ça peut être cool quand même, non?!). En revanche, il est vrai qu'à long terme, Ubisoft serait surement contraint à prendre encore moins de risques créatifs qu'actuellement (j'en profite pour féliciter la firme de Rayman pour son jeu de drague tactile sur NDS, il fallait oser : j'ai hate d'y jouer); là est le véritable risque selon moi.

Bref, laissons le temps faire son oeuvre mais une chose est certaine : je suis dégouté de pas avoir pris d'actions Ubisoft récemment moi !

 

Posté par antoneo à 22:07 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur U-Bi-Soft, It's in the game !

    Commentaire / Part.1

    EA a posé un 1° pied chez Ubi. De par sa politique ne se souciant que très peu de sa rentabilité financière, Ubi a involontairement facilité le rachat de ses actions, et s'est aperçu à ses dépends que le marché boursier n'était pas qu'un moyen de financement dont on se joue.

    Ils prennent maintenant un bon retour de bâton dans les dents en perdant une bonne partie de leur poids dans les décisions. Enfin, pour être plus exact, ils ne perdent rien de leurs droits de vote, mais ils ont laissé entrer un nouvel acteur d?importance (avant les plus gros investisseurs avaient à peine 5 % du capital et c?étaient des investisseurs financiers) dans le conseil d'administration alors qu'avant la famille Guillemot régnait en maître incontesté...

    Posté par Abo, 21 décembre 2004 à 00:39 | | Répondre
  • Commentaire / Part.2

    Maintenant, d'aucun diront que ce n'est pas un mal si les Guillemot dégagent. Mais un point est sûr pour moi, c'est que cette politique de jeu (de qualité mais) très formaté ne fera que s'affirmer avec le poids d'EA. Car il est bien évident que EA ne va pas se désengager. Si les lois antitrust américaines approuvent cet achat (je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas) alors, je trouve que si d'un point de vue financier ou de gouvernement d'entreprise, ça peut être une bonne chose, d'un point de vue de la créativité... C'est plus ou moins le début de la fin ! EA / Atari / Ubi : même combat !

    L'originalité reposera sur le rachat de développeurs talentueux encore indépendants (Blizzard chez Vivendi...).

    Posté par Abo, 21 décembre 2004 à 00:39 | | Répondre
  • La fin des éditeurs français ?

    Ce qui m'attriste le plus est la "crise" que traverse les éditeurs français en ce moment.
    Atari qui va fermer ses portes en france, VUG qui est à deux doigts de l'inévitable dépôt de bilan et maintenant Ubi, qui à moyen / long terme se ferra dévorer par EA...
    Il ne reste que MC2... Bien petit au milieu de se monde de géants...
    Les français sont des artistes incontestés, mais les charges salariales sont belles et bien le bourreau de cette créativité !

    Qui d'entre vous est capable de me donner le nom d'un éditeur mondialement reconnu qui ne soit ni japonais ni américain ??

    Posté par GG, 22 décembre 2004 à 00:08 | | Répondre
  • Le début de la fin

    La prise de participation d'EA dans le capital d'UBi marque la première pierre d'un plan rondement mené par EA. En association avec Endemol, nos amis américains semblent avoir préparé joliment leur coup depuis plus d'un an. Si je ne crains pas pour Ubisoft à court terme, à long terme nous ne pouvons prévoir les agissements de la firme américaine à l'encontre de l'éditeur français. Ne nous le cachons pas, EA n'est pas un enfant de choeur et même si il prétend aujourd'hui ne s'intéresser qu'à une société florissante, ses plans pourraient tendre à une absorption totale dans un avenir proche ... et alors là bonjour les dégats ! Si le créatif semble à l'abri vu son potentiel, les filiales mkg & com se dirigeraient droit dans le mur ...

    Posté par Greg, 22 décembre 2004 à 09:21 | | Répondre
  • 2 choses complémentaires

    Premier point : je suis mort de rire, je viens lire un communiqué d'EA qui dit qu'ils comptent être seulement "de bons actionnaires" > la vieille tactique pour faire baisser le cours de l'action pour pouvoir faire une OPA moins chère!!
    Deuxième truc : où t'es lu GG qu'Atari fermait ses portes en France, j'étais pas au courant ?!! Et pour l'éditeur mondial européen, je dirai Codemasters

    Posté par Antoneo, 22 décembre 2004 à 14:52 | | Répondre
  • Entertainment is future... :(

    EA rachetera Ubi, la conclusion ineluctable. Je sais pas si je dois mettre un ou un là en fait...

    Sinon, concernant la dette d'Ubi, il me semblait que son poids n'était sommes toutes pas très élevé, et qu'au contraire, ils pouvaient encore bien jouer sur le levier financier. Quant à l'action sous évaluée, c'est quand même avant tout parce que les Guillemot n'en avait rien à foutre de la rentabilité financière. Leur action était basse et ils ne faisaient rien pour la remonter si ce n'est la conjoncture (un blockbuster sort, il se vend bien, l'action remonte)... et ne distribuaient aucun dividende !

    Enfin bon... En guise de conclusion bien beauf, je me contenterai d'un bon vieux *C'est la vie*. [Sinon, les commentaires sont limités à 1 000 caractères, comment t'as fait pour poser ton pavé ?! ]

    Posté par Abo, 23 décembre 2004 à 03:06 | | Répondre
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